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Michel Fugain, La belle histoire

Généreux, débordant d'énergie positive, Michel Fugain vient en Israël pour une tournée exceptionnelle. Au menu : 40 ans de parcours et de chansons. Le Big Bazar, mais aussi des moments plus malheureux, jusqu'à la renaissance de ces dernières années, couronnée par un dernier album signé par les plus grands. Et l'amour de sa vie.

Interview de David Kahn.

 

 

Michel Fugain, c'est un nom associé à une carrière qui jalonne la chanson française depuis 40 ans…Comment avez-vous commencé?

De la façon la plus insouciante possible. Je voulais faire du cinéma. Je m'inscris à 21 ans à un cours d'art dramatique en arrivant à Paris, après Grenoble, où j'ai grandi.

 

Pourquoi l'art dramatique?

Pour faire des copains. J'adorais prendre des coups avec copains au Quartier Latin. Puis, par hasard, je deviens l'assistant de l'assistant du réalisateur Yves Robert. Au cours de théâtre, je croise Michel Sardou qui à l'époque n'est rien d'autre que la progéniture de ses parents. Il se prépare à passer une audition chez Barclay et me demande d'écrire une chanson. J'ai adoré faire ça. Composer des mélodies m'a rendu heureux. Puis, j'ai aimé l'aspect solitaire de l'écriture des chansons et de la musique. Je rencontre le directeur artistique de Marie Laforêt et je commence à chanter, en 1966.

 

Comment est venue l'idée du Big Bazar?

A l'époque, une bande de farfelus en Allemagne reprend les chansons de la comédie musicale Hair. Je les vois et je trouve le groupe magnifique. Je souhaite me lancer dans l'aventure d'une comédie musicale. Je crée "Un enfant dans la ville", chanson que je vais chanter dans ma tournée. Le phénomène de troupe n'existe pratiquement pas. Je réunis alors une bande de jeunes gens. On était tous des saltimbanques. Et là, surprise, il arrive quelque chose de phénoménal auquel personne ne s'attendait : le succès gigantesque du Big Bazar. Dont on peut dire aujourd'hui que c'était un phénomène sociétal. Les enfants et ados adoraient ça, les parents adoraient que leurs enfants adorent. On était aimé par tout le monde.

On bosse comme des fous. On crée un spectacle par an.

L'aventure, magnifique, dure 5 ans, jusqu'au milieu des années 70.

 

Vous disparaissez ensuite du Show-biz pour aller enseigner?

Cette aventure de l'enseignement dure 3 ans. Elle me pompe toute mon énergie. Je donne tout à des élèves qui voulaient apprendre à danser, chanter, jouer la comédie. J'adore cela, mais je sens un vide, le besoin de me recentrer. J'ai sûrement tout donné à cette époque. Il me fallait me retirer un peu. Je reviens sur scène et dans la chanson jusque dans les années 2000. Là, le malheur me frappe, avec la mort de ma fille qui m'a anéantie.

 

Vous dîtes que la mort de votre fille est une mort aussi pour vous?

Le désespoir total. Je veux tout arrêter.

 

Puis, vous recommencez tout doucement en demandant des textes à vos copains d'antan, Sardou, Adamo, Chedid, Véronique Sanson?

Tout a commencé par une lettre. Un mot que j'écris à mes amis. Ceux qui ont commencé avec moi. En même temps que moi. Je voulais juste revivre. Et refaire ce que j'ai toujours aimé, être entouré, recommencer à travailler avec ses amis.

La première à réagir est Françoise Hardy. Elle fait sa Françoise. Elle m'explique qu'elle n'a pas de texte. Qu'elle ne peut pas travailler sans musique. On s'écrit. Puis, un jour, elle m'envoie un texte qui date de 30 ans. Ça donne La rue du Babouin qui est un vrai bijou.

 

Pourtant, votre album, Bravo et Merci, n'est pas emprunt de nostalgie, mais plutôt d'une joie de vivre et d'une vraie douceur.

Oui, j'ai retravaillé tous les textes. Je fais un reggae avec le texte de Serge Lama, je chante en espagnol avec celui de Véronique Sanson. Il y a le texte magnifique de Nougaro qu'il m'a donné avant de mourir.

Cet album, c’est 43 ans d'amitiés, mais aussi, la joie de revivre, à nouveau.

 

Justement, les amitiés, l'amour, comme si c'était le fil directeur de votre vie…?

Vous savez, la mort d'un enfant dévaste tout sur son passage, y compris la famille qui reste. On se croit mort aussi. Pour remonter la pente, c'est chacun pour soi. Les liens se distendent avec ceux qu'on croyait aimer. Je me suis donc séparé.

J'ai eu la chance de rencontrer à nouveau l'amour à 60 ans avec la personne qui est devenue ma moitié d'orange. J'ai ce luxe de l'avoir rencontrée. Cela fait 7 ans que nous nous connaissons et c'est un bonheur absolu de partage, d'écoute, de générosité. Elle m'a donné confiance de nouveau. Elle m'a dit, "tu n'es pas fait pour rester au fond de l'abîme, tu es fait pour le soleil".

Aujourd'hui, je suis heureux et je lui donne ce que j'ai reçu.

 

Vous venez en Israël le 7 juillet pour la première fois?

Oui, je suis curieux et enchanté de découvrir le berceau de la civilisation, de venir de ce côté-ci de la Méditerranée. Une mer que j'adore. J'habite en Corse, au milieu des montagnes et la Méditerranée. J'aime les colères de cette mer, une passionnée comparativement à l'Océan, terriblement ennuyeux!

Je viens chanter ici, mais je viens aussi vous voir, vous découvrir, apprendre des gens de cette terre.

 

 

 

07.07.09 - 20:30 JERUSALEM BINIANE HAOUMA

Tickets Réservations (en français): 03/ 516 04 88 www.israstage.com


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