Comment est née l'envie de remonter sur scène après 15 ans d'absence?
Au début, j'ai écrit ce spectacle pour simplement deux jours. On m'avait invité à l'Olympia. Ça ne se refuse pas! Et je n'étais pas remonté sur scène depuis 15 ans. La scène, c'est aussi chez moi. C'est par là que j'ai commencé. Sur scène, il faut dégager une énergie incroyable pour donner et dialoguer avec le public.
Finalement, le spectacle a joué les prolongations…
Oui! Après 2 jours à l'Olympia, on m'a invité à jouer à la Cigale, puis là aussi, ça a marché. Alors, on m'a demandé d'investir le Théâtre de la Gaîté Montparnasse. Cela fait 4 mois que ça a commencé. Et c'est un vrai bonheur.
Comment choisissez-vous les sujets que vous racontez sur scène?
L'important, ce ne sont pas les sujets. Mais la façon, l'axe que vous choisissez pour raconter. Comment parle-t-on de racisme par exemple? J'ai réuni Bruno Gaccio et Jean-François Halin, fondateurs des Guignols de l'info sur Canal +, avec qui j'écris depuis 20 ans. Et l'on a retraversé ces 15 ans d'absence, où je n'étais remonté sur scène. Il fallait repartir de ce que j'étais, de ce que j'avais envie de raconter, mais aussi de ce que j'étais devenu aujourd'hui, ce qui inclut toutes mes expériences, succès et échecs compris.
Vous vous décrivez comme quelqu'un de timide. Ça vous handicape la timidité?
Elle est ma source. Ou plutôt, ma vie est traversée par cette question : comment m'en débarrasser? Elle est à l'origine de mon combat pour devenir un acteur et un homme de scène. Je crois que la timidité est naturelle. D'ailleurs, je suis toujours méfiant chez ceux qui parlent avec trop de confiance, ou d'insolence. En même temps, la timidité permet de chercher à s'en débarrasser. Et c'est une certaine liberté quand on y arrive!
Et c'est vrai qu'il faut du courage pour monter en scène. Mais ce qui est important, c'est d'aller au bout de sa peine, d'escalader la pente, comme en cyclisme lorsque l'on monte un col. On veut continuer, c'est ça qui donne la force.
Ce sont donc les imperfections qui produisent le talent?
Je puise mon énergie dans mes défauts. Dans les frustrations, les malheurs, les tristesses, il y a toujours quelque chose de cela que j'utilise pour le jeu.
Avec l'âge, on accepte mieux ses défauts. On est alors plus libre de les utiliser.
Comme Mel Brooks, je peux dire : "Quand je suis triste, je fais des comédies. Quand je suis gai, je fais des drames!".
Quels sont les acteurs ou humoristes que vous aimez?
Gad Elmaleh, Florence Foresti, la bande du Jamel Comedy Club, comme Fabrice Eboué, et Thomas N'gijol : J'essaie de voir tous leurs spectacles. Puis, chez eux, ce n'est pas que de la vanne. C'est plus profond.
C'est votre première fois en Israël?
Pour jouer, oui! Mais je suis venu de nombreuses fois quand j'étais adolescent. Tous les ans ou presque! Je connais un peu le pays, d'Eilat au Golan, en passant naturellement par Jérusalem. Je suis venu récemment pour un mariage. Bref, j'ai des attaches et c'est bouleversant pour moi de venir jouer ici.
Vous adaptez le spectacle pour Tel Aviv?
Oui, un peu. J'ai envie de me présenter un peu plus que devant un public en France, par exemple. Ici, les gens me connaissent moins sur scène. Je dois donc leur raconter qui je suis, quelles ont été ces années depuis le moment où j'ai commencé.
Vous êtes sans concessions sur la société en France. Quel regard portez-vous sur Israël?
Israël est pour moi le pays de mes racines juives. Je suis juif, et tout le monde le sait. Pourtant, je n'en fais pas un étendard, ou un combat. Je parle en tant que juif et j'invite mes interlocuteurs à ne pas mélanger. Je dis ce que je pense. Je veux qu'on sache qu'Israël est un pays comme les autres, qu'on y vit, qu'on s'y bat pour joindre les deux bouts. Mais que c'est aussi un pays en guerre, menacé par la guerre et les attentats. Je lutte pour combattre l'ignorance et éviter les amalgames. C'est ce qu'il y a de plus dangereux.
Venir en Israël aide-t-il à mieux comprendre la complexité du pays?
Sans aucun doute! Il faut venir et sentir. C'est le meilleur moyen de connaître. Je suis allé récemment au Tchad pour me rendre compte de près du travail d'une ONG. Lorsque je suis à Tel Aviv, je rends visite à mes amis d'une association dont le siège est au Technion à Haïfa qui lutte contre la sclérose en plaque.
Quelles sont vos armes pour séduire une femme?
Je n'ai pas d'armes, et je ne crois pas aux recettes. Je n'ai pas trop confiance en moi. Donc, j'attends toujours de recevoir un signe de la personne…qu'elle me fasse savoir qu'elle a de l'intérêt.
Vous ne faites donc pas les premiers pas?
Je pense qu'il faut être ouvert. Le premier pas, ce n'est pas dire les choses, c'est être prêt à les entendre et à les recevoir. C'est cela être ouvert au dialogue, non?
Comment qualifiez-vous votre spectacle?
Comme un rendez-vous avec le rire, le divertissement. C'est pour cela que je fais ce métier : pour divertir. Et je vous assure, quand je prépare mon spectacle, ma famille et mon entourage ont hâte que je joue. Je teste tous mes sketches sur eux, et ils n'ont qu'une envie : que je monte sur scène pour leur laisser un peu de répit! |